Défendre la culture, c'est défendre la démocratie!
- 30 juil.
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Lors d'une intervention majeure le 16 juillet 2026 dans le cadre des Rencontres d'Avignon, Raphaël Glucksmann a défendu l'exigence d'une politique culturelle forte, nécessairement liée à l'éducation.
Les coupes budgétaires dans le secteur de la culture aujourd’hui ne sont pas anodines. Elles correspondent à une offensive contre-révolutionnaire culturelle, menée par des idéologues de droite libérale et de droite extrême, qui vise à ébranler trois piliers majeurs de la démocratie et de la République en France :
- le service public de la culture
- le service public de l'éducation
- le service public de l'audiovisuel
La culture est régulièrement absente des débats. C’est pourtant un sujet majeur. La République française, ce n'est pas juste des institutions, c’est un projet concret, philosophique, matériel, d'émancipation des individus, de transformation des individus en citoyens.
Une politique culturelle démocratique, donne d’abord accès à la culture à toutes et tous, partout sur le territoire français.
C'est une politique d'aménagement du territoire.
Et c’est une politique d'investissement dans la jeunesse.
Car il n'y a pas de politique culturelle sans politique éducative.
Un projet fort éducation-culture-audiovisuel doit être le socle des politiques publiques de gauche. Lors de l'élection présidentielle de 2027, il y aura une confrontation totale sur ce sujet. Nous connaissons le plan de nos adversaires, qui est de casser ces trois services publics, pour les privatiser et les laisser sous la domination d’oligarques d'extrême droite. Face à cela, nous devons assumer la confrontation et proposer un plan radicalement différent :
- Pour faire vivre un territoire, pour faire rayonner un pays, il n’y a rien de mieux que la culture. Une politique culturelle n'est pas une dépense, c’est un investissement extrêmement efficace.
- On fabrique des citoyens en leur donnant les moyens de leur propre émancipation, en donnant accès au libre arbitre, à l'esprit critique.
- Quel que soit son lieu de vie, quoi souffre-t-on d'abord aujourd'hui, avant même les questions matérielles ? De la solitude. Une vraie politique culturelle ambitieuse, permettra de sortir de cette société de solitude, et de redonner du sens à ce que cela signifie d’être français, et de vivre en république.
« Le théâtre, le spectacle vivant, la rencontre avec toute forme d’art, c'est la rencontre avec l'imprévu. C'est un moment où on est confronté à l'inattendu, où on sort de soi-même, où on se frotte à quelque chose qui nous fait penser autrement. C'est l'antithèse totale du projet algorithmique des grandes plateformes, dont le but est de nous enfermer dans nos bulles cognitives ». Pour nous empêcher de nous questionner. Pour nous empêcher d’évoluer.
Non contentes de nous enfermer, les grandes plateformes, les géants de l'intelligence artificielle, utilisent aussi nos vies, nos émotions, nos créations, nos productions, nos existences, nos données, nos datas, comme des matières premières que l’on peut prélever gratuitement.
Nous devons reprendre le contrôle sur nous-mêmes, nous réapproprier nos propres créations, et les faire payer quand elles sont exploitées.
Cela suppose d'assumer la contradiction et la confrontation avec les oligarques, qu’ils soient américains ou chinois, qui ont accumulé aujourd'hui les plus grandes fortunes de l'histoire humaine. Ce qui se passe aujourd’hui avec Elon Musk et les géants de l'IA ne s’est jamais vu auparavant. Jamais auparavant dans notre histoire, des personnes n'avaient acquis autant de fortune ni de pouvoir sur l'existence des autres êtres humains.
"Nous avons devant nous un projet immense, qui est la libération cognitive, intellectuelle, culturelle des Françaises et des Français, des Européennes et des Européens".




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